LA MEDITERRANEE


La Méditerranée, une mer aux diverses facettes La Méditerranée, ce n’est pas seulement de l’eau salée et un littoral. Ce sont des civilisations variées. Pour Fernand BRAUDEL, elles forment un « tout méditerranéen », une image cohérente, un héritage commun autour de cette mer commune. Conception en contradiction avec les études récentes de Bernard Kayser : Méditerranée - des fractures démographiques, économiques ou géopolitiques. Qui a raison ? Comment définir la Méditerranée ? « Notre Mer » ?

Une nature originale Il existe une nature originale méditerranéenne, des paysages, une histoire partagée, un dénominateur commun, un climat particulier, une situation unique au monde : l’existence d’un déficit pluviométrique qui coïncide avec la saison chaude. Une mer bleue et limpide, un décor végétal de pins et d’arbres toujours verts comme l’olivier qui en est le représentant. Nous sommes en Méditerranée !

Des fractures… A cette perception caricaturale, il faut opposer, ou plutôt superposer, une Méditerranée de fractures et de contraires. Fractures démographiques avec le renversement des populations : aujourd’hui des populations nombreuses et jeunes au sud, en 2025 (Plan bleu) 523 millions d’habitants dont 60% sur la rive du sud, avec 65 à 75% de moins de 30 ans au sud. Associée à cela, une fracture économique majeure entre les deux rives.
L’ensemble de ces éléments concourent à créer des flux migrants. Mais garder l’image d’une opposition nord – sud est très schématique. Les pays de la rive nord ont des situations très variées, depuis l’élargissement de l’Europe : Albanie, Bosnie, Croatie…Même la Grèce par exemple a un revenu d’environ 30% inférieur au revenu par habitant de la France ou de l’Italie. La France, l’Italie, l’Espagne émergent du lot pour bien des situations. Un seul exemple : les 4/5 des capacités d’hébergement touristiques se répartissent entre la France, l’Espagne et l’Italie, ce qui leur permet de drainer les 2/3 des touristes non nationaux qui se rendent en Méditerranée.

Une Mer unique et commune Pourtant « Notre Méditerranée » forme un concept unique. Avec des dimensions idéales, ni trop grandes, ni trop petites, 4000Km de Gibraltar à Beyrouth et 800Km entre Gênes et Bizerte. Cette relative proximité a permis depuis l’Antiquité de développer à la fois des échanges, des voyages et des confrontations entre des cultures différentes, mais aussi un brassage des populations par des déplacements volontaires ou par des diasporas.

Complexe mais riche… Une Méditerranée n’est pas non plus un vaste plan d’eau au milieu des terres. C’est un espace où péninsules et îles forment des relais de navigation et de culture essentiels. Sur une carte nous pouvons résumer, les caractéristiques de cette Méditerranée si particulière : un monde dont la complexité fait la richesse mais qui permet aussi de prendre conscience qu’il existe d’autres méditerranées. D’où l’intérêt immense de réussir ce pari de l’union méditerranéenne, aussi pour servir d’exemple, pour servir de « laboratoire » en coopération internationale.